Revue : Le Liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent

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Titre : Le Liseur du 6h27

Auteur : Jean-Paul Didierlaurent

Editions : Au Diable Vauvert

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 218

Quatrième de couverture : « Peu importait le fond pour Guylain. Seul l’acte de lire revêtait de l’importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l’étouffait à l’approche de l’usine. »

Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d’une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER du 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine… Dans des décors familiers transformés par la magie de personnages hauts en couleur, voici un magnifique conte moderne, drôle, poétique et généreux : un de ces livres qu’on rencontre rarement.

Mon avis : Je voyais ce livre de partout cet été sur Instagram, car Folio (Gallimard) a décidé de sortir ce livre en poche, et de lancer une grande opération de bookcrossing avec ce livre. A force d’en entendre parler, j’hésitais à acheter le livre (ou je priais pour le trouver un matin sur un banc ou sur un strapontin dans le métro). Et finalement, je l’ai trouvé en bibliothèque, et je n’ai pas eu à attendre plus longtemps (ni à dépenser).

Guylain est un homme dont la vie est pour le moins monotone. Il vit seul avec son poisson rouge Rouget de l’Isle, a peu d’amis, et surtout : il déteste son travail. Il dit à sa mère travailler dans l’édition, et pourtant, il est tout au bout de la chaîne : il travaille au pilon, et cautionne tant bien que mal ce qu’il appelle tous les jours être un « génocide ». Pour sauver une dernière fois l’existence de nombreux livres voués à la destruction, il ramasse tous les jours quelques bribes de mots, pages oubliées par la machine vorace, et les lit, le lendemain matin, pêle-mêle aux passagers attentifs du RER de 6h27.

Rien que le résumé de ce livre me tentait beaucoup. L’histoire est à la fois très dure et pour le moins poétique, et j’ai beaucoup aimé l’ambiance, même si beaucoup de mélancolie s’en dégageait. Je dois aussi reconnaître que j’ai adoré l’écriture de Jean-Paul Didierlaurent, auteur que je ne connaissais pas du tout. Il a un véritable don pour parler du détail avec une poésie qui est la sienne. (Ou comment disserter pendant trois pages sur les petits bruits honteux provenant d’une cabine de toilettes dans un centre commercial, du petit zip de la fermeture éclair, au soulagement du plongeon d’un étron…oui oui…).

De plus, ma seule crainte a vite été désamorcée. J’ai eu peur que le tout s’essouffle au bout d’un moment, que lire des histoires dans le RER ne dure qu’un temps et ne mène pas à grand chose. Mais si. L’auteur a réussi à créer des épisodes hauts en couleur, qui m’ont faire sourire, rire, et même me sentir un peu triste. Quant à la fin, je n’en parle même pas. Aussi cucul-la-praline que je sois, j’ai adoré.

En bref, une très belle découverte, je ne suis pas passée loin du coup de cœur. Si vous hésitez encore – n’hésitez plus, tout simplement. Il est désormais sorti en poche chez Folio comme je le disais, donc à un prix raisonnable (et avec une couverture toute mignonne avec des poissons rouges). Si ce n’est pas un argument…

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16 réflexions sur “Revue : Le Liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent

  1. Quaidesproses dit :

    Comme toi, mon instagram est inondé par les photos de ce livre. Je suis restée plusieurs fois bloquée devant la couverture dans ma librairie à me dire : « je le prends, je ne le prends pas? je le prends? je ne le prends pas? » et j’ai résisté jusque là, sans savoir à quoi m’attendre.
    Ta chronique m’a convaincue, j’essaierai de le lire ces prochains mois. Merci!

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    • laroussebouquine dit :

      J’avoue que pour une fois, je suis contente d’avoir autant vu ce livre sur les réseaux sociaux, sinon je ne l’aurais certainement pas découvert, et je serais passée à côté de quelque chose !
      Contente si tu le lis grâce à moi ! 😉

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  2. Elisa dit :

    J’avais lu son recueil de nouvelles « Macadam ». Chaque texte proposait un univers très particulier qui me plongeait illico dans l’histoire. Alors ta chronique me donne bien envie, je vais l’ajouter à ma PAL. Bonne soirée 🙂

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